04/12/2011

l'évolution


SUPERSCIENCE (1_9) - La Théorie de l'évolution... par einstein-rosen-podolsky

danger genetique

Tout en bas!Les organismes génétiquement modifiés (transgéniques) : ce que vous devez savoir

sphvioan.gif (6500 octets)Le génie génétique : une transgression de la loi naturelle

Par le Dr. Byron P. Rigby, MBBS, MRCPsych.,
président de l'Association australienne de médecine ayurvédique.

Pour les personnes de formation scientifique et médicale qui ne sont pas familières avec l'industrie de la biotechnologie, il semble totalement incroyable que des gouvernements, des ministères gouvernementaux, des scientifiques de l'alimentation, des biologistes et des entreprises puissent en connaissance de cause inonder de mutants génétiques la chaine alimentaire du monde entier. Comment cela est-il possible ?

Une telle chose n'est possible que dans une société mondiale dans laquelle la conscience collective elle-même s'est obscurcie, est devenue incapable de demeurer éveillée à son propre intérêt et à sa propre survie. C'est un symptôme d'un besoin sérieux, urgent et désespéré de créer un monde qui s'éveille à la sécurité future de tous les êtres humains

Jamais auparavant dans l'histoire n'a-t-on vu une technologie aussi incroyable, dangereuse, nouvelle et non testée être appliquée aussi instantanément à travers le monde entier. En comparaison avec cet assaut biologique, des problèmes comme (... ) l'étouffement des cours d'eau tropicaux par la jacinthe d'eau, la destruction sans discrimination des forets et meme la désertification massive ne sont que des dérangements minuscules.

Il s'agit l'à d'affirmations puissantes. Pour en comprendre la vérité essentielle, il est nécessaire d'en savoir un peu plus sur la génétique.

Le code génétique : le modèle de la vie

Vive la science!La vie s'exprime en couches. La terre possède une géosphère, une hydrosphère et une atmosphère dans lesquelles la vie se forme et évolue. A l'intérieur de cela existe une écosphère - le monde de la vie en évolution lui-même. A l'intérieur de celui-ci se trouvent des écologies spécifiques bien établies, à l'intérieur desquelles l'on trouve des familles, des classes et des espèces d'organismes vivants. L'on peut considérer chacune de ces couches comme vivante en elle-même et, d'un certaine façon, consciente.

Les couches, toutefois, ne s'arrêtent pas là. A l'intérieur de chaque organisme se trouvent des organes, des tissus, des cellules, des structures intracellulaires, et finalement l'ADN, le code génétique de toute vie. Plus profond que cela l'on ne trouve qu'atomes et particules élémentaires.

Jusqu'à présent, nous avons principalement manipulé et interféré avec les organismes individuels de notre monde. Nous avons créé certaines espèces, conduit d'autres à l'extinction, transporté d'autres encore vers des milieux nouveaux et inconnus, ou ces espèces sont parfois devenues utiles, parfois nuisibles.

Dans toute cette manipulation et interférence, nous n'avons pas pénétré loin dans la structure de la vie. Occasionnellement, avec l'introduction de virus et d'autres espèces vivantes, nous avons éliminé des variétiés entières de plantes ou d'animaux. Parfois, par exemple avec l'introduction des chèvres, nous avons créé des déserts. Parfois nous avons répandu des épidémies catastrophiques chez les plantes et les animaux, ou encore entre nous. Ces altérations ont pu sembler catastrophiques, mais à part les extinctions elles n'ont été irréversibles que dans de rares cas. Les êtres humains et les autres espèces demeurent essentiellement ce qu'ils sont, et n'ont pas interféré avec, ou pollué, la source de leur propre conscience ou intelligence.

L'invasion de la source de la vie : briser et pénétrer, une entrée par effraction

Maintenant est lancée pour la première fois dans l'histoire, une nouvelle forme de changement irréversible qui se répand d'elle-même. Elle est beaucoup plus puissante et virulente que tout changement tenté auparavant. Ce changement, c'est le génie génétique - la pénétration à l'intérieur du code même de la vie et son altération irréversible.

Dans le génie génétique, une nouvelle information et de nouvelles instructions, jamais vues auparavant, sont introduites dans l'ADN de bactéries, de plantes et d'animaux de façons qui ne pourraient jamais, sous quelque circonstance que ce soit, se produire dans la nature. Les gènes qui synthétisent la toxine du scorpion sont utilisés pour revêtir des fruits d'un venin tueur d'insectes; des gènes antigel sont passés de poisson à fruit; des gènes de résistance aux herbicides sont incorporés dans des tomates et d'autres aliments, permettant l'usage de doses de désherbants chimiques beaucoup plus concentrées et importantes qu'il ne serait possible autrement; des bactéries altérées génétiquement sont cultivées pour synthétiser des hormones et d'autres substances, dont certaines sont données en nourriture aux vaches pour forcer la sécrétion du lait en quantités non naturelles, ce qui finit par tuer la vache; finalement d'autres bactéries sont altérées au-delà de tout ce qui pourrait se produire normalement pour sécréter des substances utilisées en médecine et dans l'industrie alimentaire.

Tout ceci pourrait sembler dangereux mais merveilleux - tout comme l'ont été d'autres avancements de la science comme l'électricité et l'énergie nucléaire.

Mais dans le cas du génie génétique, il y a un élément complètement nouveau qui rend les dangers inconcevablement plus grands que ceux de toute autre technologie : une fois lachés, les organismes génétiquement modifiés ne peuvent être ni rappelés ni reparés, et ils se reproduisent d'eux-mêmes.

Un dommage irréversible pour la vie: la boite de Pandore

Une fois lâchés, les bactéries et autres organismes génétiquement modifiés ne peuvent jamais être rappelés. De plus, il est encore plus terrifiant de savoir qu'il existe des processus par lesquels les gènes insérés dans les organismes altérés peuvent se transférer à d'autres espèces. Comme résultat, des toxines nouvelles et virulentes peuvent se répandre parmis les plantes sauvages; la résistance aux herbicides peut s'étendre aux mauvaises herbes; une capacité de croissance rapide peut toucher les espèces nuisibles et la résistance aux antibiotiques peut être passée au organismes producteurs des maladies les plus terribles - les staphylocoques, la diphtérie, la salmonellose, la peste, le choléra, la typhoïde et toute l'étendue des maladies dont les proportions épidémiques dans le monde ont été réduites avec tant de patience et de travail.

L'industrie de la biotechnologie voudrait nous faire croire que la sélection normale des plantes est semblable au génie génétique. Nous sélectionnons les g&egravenes d'une plante et nous les combinons avec d'autres par croisements. Nous trouvons même des mutants et nous les cultivons.

Pour quiconque possède la moindre connaissance en biologie, ce genre d'affirmation - que les manipulations faites par génie génétique ne sont rien d'autre que ce qui se fait déjà depuis des siècles - est une imposture totale! Le simple fait qu'elle soit avancée sonne le signal d'alarme le plus puissant qui soit, nous avertissant que si des erreurs aussi énormes sont répandues délibérement, les responsables doivent avoir quelque chose de très concrètement substantiel et de profondément négatif à cacher. C'est un symptôme évident d'une disconnection profonde et radicale de la vérité de la part de toute une génération de scientifiques, de technologues, et d'intérêts commerciaux. C'est un désordre de la conscience.

Une technologie qui rate la cible: des catastrophes ont déjà eu lieu

La simple vérité est que pour créer une altération génétique par introduction d'un gène, il est nécessaire de directement perturber et reconstruire le code génétique par des procédures qui ne pourraient simplement jamais se présenter dans la nature. Loin d'être précises, ces altérations sont hautement aléatoires. Dans la plupart des cas, la fonction totale du gène altéré n'est pas pleinement connue, ces interactions avec d'autres processus biochimiques dans l'organisme sont obscures, et les effets à long terme des changements ne peuvent être prédits.

Cornme c'est le cas pour l'irradiation des aliments, les manipulations génétiques peuvent potentiellement produire un nombre important de substances chimiques inconnues et étranges qui peuvent avoir des effets complètement imprévisibles. Ces effets incluent l'empoisonnement direct par l'ingestion par d'autres organismes (dont nous-mêmes); des maladies graves et même fatales par la production d'allergènes nouveaux et inconnus ; la dissémination par la réplication de l'organisme existant; et le transfert de l'information génétique à d'autres espèces, incluant des espèces nuisibles parentes de l'organisme altéré.

Certains généticiens nous rassurent bravement que ces choses n'arriveront pas. Mais comment un scientifique digne de ce nom peut-il déclarer que "quelque chose n'arrivera pas ?". N'avons-nous pas été suffisamment prévenus par le DDT ? La Thalidomide ? La dioxine ? Le plutonium ? Thernobyl ? La Maladie de la vache folle ? Les chlorofluorocarbones ? L'amiante ? Chacun de ces cas a fait l'objet des assurances les plus sérieuses de la part de scientifiques mariés à leur idée-fétiche, et par des technologues et des entreprises qui y ont vu un profit.

De nouveau, le problème ici n'est pas spécifique au génie génétique. ll s'agit d'un aveuglement, au niveau de la conscience, à la securité des êtres humains et aux conséquences sérieuses du jeu de l'apprenti sorcier dans un domaine qui est totalement imprévisible à partir de notre niveau actuel de compréhension.

Nous n'avons pas besoin d'attendre pour voir si le génie génétique va tuer ou blesser les gens, ou endommager notre monde. Cela est déjà arrivé.

37 morts et 1500 handicapés

Il y a quelques années une entreprise japonaise a manufacturé du tryptophane à l'aide d'une bactérie génétiquement modifiée pour le traitement de la dépression. Cette substance se trouve normalement dans les protéines alimentaires ; elle est le précurseur métabolique de la sérotonine, le neurotransmetteur dont la diminution mène à la dépression. En ingérant des quantités supplémentaires de tryptophane, la dépression peut être soignée.

Ce que l'on ne savait pas, toutefois, était que l'organisme qui synthétisait le tryptophane synthésisait aussi d'autres substances qui stimulaient le système immunitaire du corps, avec pour résultat une maladie du nom d'éosinophilie. Résultat : 37 personnes sont mortes et 1500 autres restent handicapées de façon permanente.

Cela ne pourrait pas se reproduire ?

Des gènes de noix du Brésil ont été incorporées dans du soja transgénique. La combinaison s'est révélée hautement allergène pour certaines personnes. Elles n'avaient aucun moyen de savoir qu'elles réagiraient à ce soja, même si elles avaient su qu'elles étaient allergiques aux noix du Brésil : la loi exempt d'étiquetage le soja transgénique.

Dans une autre sphère, des bactéries klebsellia ont été altérées génétiquement pour sécréter de l'alcool à partir de la digestion de la pulpe de bois et d'autres substances. Cet organisme s'est échappé, a infecté le sol dans les cultures de blé américaines et a détruit les bactéries nutritives qui sont responsables de la fertilité des champs. Des champs entiers sont devenus stériles, capables seulement de produire du blé de quelques centimètres de hauteur.

Dans tous ces exemples, le problème n'est pas le danger de la technologie. Le danger, c'est la qualité de conscience qui permet de perpétrer une forme si massive d'expérimentation humaine sans l'approbation du public et sans que ce-dernier en soit averti, sans même étiqueter les aliments manipulés génétiquement.

Dans certains Etats des Etats-Unis, il a même été déclaré illégal d'étiqueter la nourriture comme NON manipulée génétiquement, de peur de menacer le profit des compagnies de technologie génétique. Le renversement de l'éthique normale n'est pas un problème technique, c'est un problème de conscience, un problème d'attitude et d'état d'esprit du gouvemement et de l'individu.

Etiquetage et moratoire

Les dommages potentiels que pourraient causer des effets imprévus du génie génétique sont vastes, formidables et impossibles à prévoir. L'absence de connaissance du danger ne doit pas être confondue avec l'absence de danger ! Les scientifiques ne savent que ce qu'ils savent. Ils ne connaissent certainement pas ce qu'ils ne connaissent pas. Pour cette raison, le simple bon sens et la responsabilité nous dictent de demander l'arrêt total de la dissémination d'organismes altérés génétiquement, de façon à ce qu'une connaissance suffisante puisse être accumulée avant que de tels organismes ne soient produits.

Des scientifiques du monde entier ont proposé un moratoire de 50 ans sur toute vente due à l'expérimentation génétique et la technologie y afférant. Le Parti de la Loi naturelle a proposé ceci dans 40 pays, et en Australie de l'ouest ce parti a été appuyé lors des récentes élections par tous les principaux partis lors d'un communiqué multilatéral télévisé, insistant sur une prudence extrême dans l'autorisation en Australie de tout produit manipulé génétiquement.

Les gouvemements doivent tout simplement réaliser qu'ils légiférent pour les enfants des autres - pas seulement pour les leurs. "Probablement «sans danger»" n'est tout simplement pas assez sûr - pas pour une intervention irrévocable, pas pour ce qui conceme l'alimentation et le développement des enfants. "Prouvé «sans danger»" est le strict minimum. Et une véritable preuve est quelque chose de très, très difficile à obtenir dans le domaine de la science. "Peut-être «sans danger»" est un scandale.

Pourtant aujourd'hui nous devons faire face à une pression sans précédent des compagnies de la biotechnologie pour supprimer la nécessité ne serait-ce que d'étiqueter les produits altérés génétiquement !

Quelle suggestion extraordinaire ! Eliminer toute possibilité de retrouver la source d'un dommage qui pourrait être causé aux êtres humains. S'assurer que si maladie ou mort devait se présenter, que ce soit par toxicité imprévue ou par le développement de nouveaux allergènes, les entreprises fautives ne pourront jamais être identifiées ou poursuivies, et que d'autres maladies ou morts ne pourront jamais être empêchées.

La responsabilité des scienfifiques

Dans le passé, les scientifiques étaient motivés par l'inspiration qu'apporte la découverte scientifique. Même alors, leur enthousiasme les a menés parfois à une interférence grotesque avec la vie humaine : la radiographie à haut voltage des pieds des enfants pour la pointure des chaussures ; l'abus de DDT et son accumulation dans le lait maternel ; le conditionnement de populations entières à penser que le lait en poudre est meilleur que le lait maternel ; et même, il y a plus longtemps, l'utilisation de tuyaux en plomb pour l'eau qui a causé l'empoisonnement de populations entières.

Aujourd'hui toutefois, c'est une pression économique que subissent les scientifiques, une pression si grande que les généticiens, presque unanimement, ont abandonné leur préoccupation originelle pour la vie humaine.

Breveter de nouvelles technologies est immensément profitable. L'identification de caractéristiques génétiques humaines, leur brevetage et mise au secret a actuellement atteint un tel niveau que des populations entières de peuples indigènes au bord de l'extinction sont harcelées pour leur information génétique unique, sans que l'on offre la moindre assistance pour assurer leur survie future.

Une crise de la conscience

La crise du génie génétique n'est pas une crise de la science biologique, c'est une crise de la conscience. Quelle sorte de conscience peut en connaissance de cause perpétrer les dangereuses interventions au coeur de la vie, décrites en détail dans cet article ? On ne peut pas parler avec de tels gens. Fermés, scellés hermétiquement à l'extérieur du monde de la vie des autres gens, des préoccupations, des droits et de la sécurité d'autrui, leur réaction reflète leur propre intérêt et un excès de confiance au-dela de toute atteinte. L'esprit est dans des oeillères, l'imagination éteinte. Ce n'est que par une transformation de la conscience qu'un tel esprit peut être éveillé à la réalité de ce qu'il est en train de faire.

Et ce n'est pas une question de conscience individuelle. C'est une question de conscience collective. La mainmise génétique avance rapidement. La réalisation de la vérité avance à la vitesse d'un escargot. Les mises en garde éclairées ne sont pas entendues. Au rythme actuel, d'ici à ce que la véritable gravité de la situation soit réalisée, il sera trop tard. Le monde aura été infecté par l'altération génétique de façon irréversible. Même la conscience des gens eux-mêmes sera altérée par ce qu'ils ingérent.

Vive l'homme!Dans cette situation, ainsi que dans de nombreuses autres semblables, il n'y a qu'une solution : créer un éveil massif de la conscience collective de notre monde.


Référence : le journal australien Living Now, janvier-février l997.
Adaptation française par Léonard Stein, Suisse.
Mis en forme sur le Web par Joe Toth, Etats-Unis.

 

 
 

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13:33 Écrit par CAST dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : homme, genetique, vie, mort |  Facebook |

manipulation des sectes

 
 
 
 

Sectes

De la manipulation mentale à la soumission librement acceptée

(Source : BULLES du 1er trimestre 1993)

 

L'adhésion à une secte entraîne souvent chez les nouveaux adeptes un changement radical de comportement. Tandis que leur entourage s'en étonne et y voit la marque d'une influence extérieure, les intéressés s'affirment libres et indemnes de toute contrainte. Deux chercheurs français expliquent cette contradiction par le recours à des méthodes de manipulation mentale.

 Lorsque quelqu'un "entre" dans une secte (ou, plus exactement, se fait "harponner" par une secte), son entourage immédiat est frappé par la radicalité du changement de ses propos et de son comportement. On ne le reconnaît plus ; ce n'est plus le même. Et dans le même temps, le nouvel adepte s'affirme libre et dégagé de toute contrainte, "Personne ne m'oblige à faire quatre heures de sauna par jour" (pendant deux semaines !), disait un jeune scientologue pendant sa période de "purification"...

 Les sectes utilisent, c'est bien connu, des techniques très élaborées de "mise en condition", et qui ont fait leurs preuves. On peut, hélas, le constater. Mais on aimerait comprendre "comment ça marche" et pourquoi certains sont toujours dans la secte après plusieurs années alors que d'autres ont décroché au bout de quelques mois...


Psychologie de la soumission

Quels sont les mécanismes et les facteurs qui font que des personnes en arrivent à faire, en toute liberté, ce que d'autres souhaitent qu'elles fassent ?

 Les recherches théoriques sur la psychologie de la soumission appartiennent à des courants de pensée différents et se sont beaucoup développées, aux États-Unis notamment, depuis plusieurs décennies. Deux Français, chercheurs en psychologie sociale et professeurs d'université, Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois, ont tenté d'en faire la synthèse.

 Ils sont les auteurs, entre autres ouvrages, d'un Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens (1), livre savoureux et impressionnant qui remet en cause les schémas traditionnels du fonctionnement psychologique. Ils ont également publié dans La Recherche (2) un article intitulé ii La psychologie de la soumission », contribution solide et d'une lecture facile qui ouvre des horizons dans l'approche théorique de la manipulation mentale. Nous en donnons ici les idées essentielles dans les termes mêmes de l'article.

 (1) : Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois - Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens - Presses universitaires de Grenoble - 1987.

 (2) : La Recherche - N° 202 - Septembre 1998.

  La manipulation mentale

De nombreuses expériences, longuement décrites par Joule et Beauvois, permettent d'affirmer que "lorsque l'on veut obtenir d'autrui qu'il modifie ses idées ou change ses comportements, plutôt que d'adopter une stratégie reposant sur la persuasion, il est souvent plus efficace d'opter pour une stratégie dite comportementalequi consiste à obtenir d'entrée des comportements préparatoires à ce changement".

 Ces stratégies "comportementales" sont des stratégies de manipulation puisqu'elles permettent par des moyens détournés d'infléchir les comportements d'autrui comme de peser sur ses idées et ses convictions.

 La théorie de l'engagement permet de comprendre les mécanismes psychologiques sur lesquels repose l'efficacité de ces stratégies comportementales.

  Deux exemples de stratégies comportementales

Premier exemple : "le pied dans la porte"

Principe: demander peu dans un premier temps pour tenter d'obtenir beaucoup ensuite.

 Exemple : demander l'heure à un passant avant de lui demander deux francs pour téléphoner.

 Il est vérifié que la réalisation d'un comportement préparatoire peu coûteux (généralement accepté par la quasi-totalité des personnes sollicitées) augmente significativement la probabilité que ces personnes réalisent ensuite le comportement visé. A noter que les décisions sont prises dans une totale liberté.

  Deuxième exemple : "l'amorçage"

Principe:

  1. amener une personne à prendre la décision de réaliser un comportement dont on lui cache provisoirement le coût réel (information différée) ;
  2. quand la décision est prise, on complète l'information (ce qui rend la décision moins attrayante) ;
  3. on dit à la personne qu'elle peut revenir sur sa décision ;
  4. l'effet d'amorçage se traduit par le fait que la personne tend à maintenir sa décision en dépit des dernières informations.

Exemple: des étudiants sont invités à participer à une brève expérience de psychologie. La plupart acceptent. Ils apprennent ensuite que cette expérience aura lieu à sept heures du matin. Ils sont alors invités à confirmer ou à retirer leur engagement.

 Les étudiants en question ont accepté une deuxième fois en bien plus grand nombre que ceux d'un groupe parallèle (de contrôle) auxquels ont avait dit tout de suite que l'expérience aurait lieu à sept heures du matin.

  Les effets des stratégies comportementales

Sur le plan des actes (effet comportemental), on constate qu'un individu peut adopter en toute liberté des comportements nouveaux allant dans le même sens après avoir réalisé ceux que l'expérimentateur (ou le "formateur") lui a extorqués.

 Sur le plan des idées (effet cognitif), ces comportements sont susceptibles d'engendrer des modifications sur les croyances et les opinions de celui qui les a réalisés.

 On imagine facilement tout le profit que les sectes peuvent tirer de ces mécanismes psychologiques, principalement au plan de l'autoprogrammation !...

  Théorie de l'engagement

Cette théorie a été présentée par C.A. Kiesler de l'université du Kansas en 1971. Elle repose sur la notion de persévérationd'une décision.

 L'engagement, c'est le lien qui existe entre un individu et ses actes. C'est un phénomène d'adhérence de l'acte à celui qui l'émet. Seuls nos actes nous engagent et seules les décisions s'accompagnant d'un sentiment de liberté donnent lieu à des effets de persévération, conséquence de l'engagement.

 On peut moduler les degrés de l'engagement en jouant sur certains facteurs :

  • le sentiment de liberté qui est associé à l'acte,
  • les justifications fournies par l'environnement sous forme de menace ou de récompense. Ill va de soi qu'aux plus fortes menaces ou récompenses sont associés les plus faibles degrés d'engagement),
  • le caractère privé ou public de l'acte,
  • la répétition du même acte,
  • le sentiment de l'individu qu'il peut ou ne peut pas revenir sur le comporte- ment qu'il est sur le point d'émettre,
  • le caractère plus ou moins coûteux de l'acte.

Être engagé s'oppose à s'engager. Ce n'est jamais l'individu qui s'engage de lui-même dans un acte mais c'est bien l'expérimentateur (ou le "formateur") qui, en manipulant les circonstances dans lesquelles l'acte va être accompli, engage ou n'engage pas l'individu dans l'acte qu'il réalise. De même, être engagé dans un acte s'oppose à s'engager dans une cause.

  Une soumission librement consentie

Les expériences rapportées dans cette étude autorisent à conclure que "l'on peut obtenir d'autrui qu'il se comporte comme on le souhaite, sans avoir recours à l'autorité, aux pressions, ni même à la persuasion. On peut donc exercer une telle influence sur autrui sans que celui-ci ait à mettre en doute cette liberté qu'il a appris à considérer comme l'un de ses attributs essentiels".

 L'individu engagé est un individu libre ou qui se sent libre. C'est la raison pour laquelle Joule et Beauvois ont proposé pour désigner ce phénomène le concept paradoxal de soumission librement consentie.

 Ces expériences de psychologie sociale et les théories qui en découlent bouleversent les schémas traditionnels qui donnent la primauté au cognitivisme (à la persuasion) pour modifier avec succès les comportements des individus.

 Et pourtant, depuis longtemps déjà, la sagesse populaire nous en avait avertis : il y a risque à "mettre le doigt dans l'engrenage" !...

  





 
 
 
 
 
 

13:27 Écrit par CAST dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vie, sectes, homme, manipulation, danger |  Facebook |